mercredi 22 octobre 2014

La chute du prix du pétrole, "la guerre par d'autres moyens"?



Le prix du pétrole a baissé de 25% en quatre mois. Certains pays exportateurs accusent l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial, de manipuler les cours du brut. Avec l'assentiment des Etats-Unis, ou pas. Explications.


La brusque baisse des cours du brut ces derniers mois après trois années de stabilité est-elle due aux seuls équilibres du marché? Peut-être pas. Certes, le ralentissement de l'économie mondiale, en particulier en Chine, "l'atelier du monde", contribue à freiner la demande. Certes, avec l'essor de leur production de pétrole de schiste, les Etats-Unis n'ont plus besoin d'importer d'or noir. Certes, le pétrole libyen et irakien a recommencé à couler abondamment, malgré le désordre au Moyen-Orient. Mais, le prix du pétrole stabilisé autour de 110 dollars le baril au début de l'été a perdu 25% en l'espace de quatre mois. Il a atteint son plus bas niveau depuis 2010.
Plusieurs des pays exportateurs de pétrole appellent à une réunion de l'Opep pour arrêter la chute des cours en réduisant la production. Mais Riyad, par la voix de son ministre du pétrole, Ali al-Naimi, ainsi que le Koweït, ont manifesté ouvertement leur intention de les laisser filer à la baisse. De quoi nourrir les soupçons d'un usage politique de cette baisse par l'Arabie saoudite.
L'Iran, la Russie et le Venezuela premiers affectés
La monarchie saoudienne, dont la production représente un tiers de celle de l'Opep, dispose de suffisamment de réserves pour se permettre de supporter une baisse des prix pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Plusieurs des pays rivaux du Royaume - ou ceux en conflit plus ou moins larvé avec les Etats-Unis - seraient en revanche durement affectés par une chute durable des cours en dessous de 90 dollars le baril. Les budgets de l'Iran, de la Russie, ou du Venezuela ont en effet été calculés sur la base d'un baril à plus de 100 dollars.
Au point que plusieurs observateurs voient dans la position saoudienne une action concertée avec la Maison blanche pour les affaiblir. "Cette baisse des prix sert les intérêts stratégiques des États-Unis et de l'Arabie saoudite", assure Thomas Friedman dans le New York Times L'éditorialiste subodore dans cette politique une "guerre par d'autres moyens" à l'encontre de Moscou et de Téhéran. Les recettes d'exportation de pétrole représentent environ 60% des recettes publiques de l'Iran et plus de la moitié de celles de la Russie. Une vision des choses partagée par l'ancien ministre russe des finances Alexeï Koudrine, comme le rapporte Le Courrier de Russie: "Il n'est pas exclu que la chute actuelle des prix du pétrole soit le résultat d'un complot entre plusieurs acteurs majeurs du marché, notamment les États-Unis et le Proche-Orient".



Les accusations de Moscou...


La Pravda avait d'ailleurs anticipé cette baisse, en pleine crise ukrainienne au printemps dernier: "Obama veut que l'Arabie saoudite détruise l'économie russe", titrait le journal au mois d'avril, s'appuyant sur le passé pour justifier sa lecture des événements. L'action conjointe de l'Arabie saoudite et des Etats-Unis dans les années 1980 serait même à l'origine de la fin de l'URSS: "En 1985, le Royaume a quintuplé sa production, de 2 à 10 millions de barils par jour, et provoqué une chute du prix du baril de 32 à 10 dollars. Acculé, Moscou a augmenté ses exportations, accélérant la dégringolade du baril jusqu'à 6 dollars. L'Arabie saoudite a compensé la perte en multipliant sa production par cinq. Mais l'économie russe n'y a pas résisté et s'est effondrée." La Pravda oublie un détail: au début des années 1980, l'Arabie saoudite avait drastiquement réduit sa production afin de compenser la baisse de la demande mondiale au moment où de nouveaux gisements étaient découverts en mer du Nord. En 1985, la hausse de la production saoudienne a été ramenée à son niveau de... 1980. 


... de Téhéran et de Caracas


Pénalisé par les sanctions occidentales liées à son programme nucléaire, l'Iran dénonce également la politique de Riyad, qui "tout en prétendant diriger l'Opep, agit pour les intérêts du G20", selon les termes de l'ancien ministre du pétrole Masoud Mirkazemi. Même suspicion au Venezuela, dont l'économie est en difficulté: "La baisse des cours n'est pas liée aux fondamentaux du marché mais à une manipulation destinée à nuire aux économies des principaux pays producteurs de pétrole", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Rafael Ramirez. Même si la baisse des cours de l'or noir pénalisera aussi d'autres exportateurs, comme l'Irak ou le Nigeria qui, eux, ne sont pas dans le collimateur des Saoudiens ni des Américains. 


Pression de Riyad sur Washington


L'Arabie saoudite profite aussi de l'occasion pour faire pression sur les Etats-Unis, où la rentabilité de l'exploitation du pétrole de schiste sera mise à mal en dessous du seuil de 90 dollars le baril, selon plusieurs observateurs. Une façon de faire payer l'inquiétude qu'inspirent au royaume les négociations sur le nucléaire entre la Maison Blanche et la République islamique. et sa hantise d'un rabibochage entre les deux ennemis de 35 ans
Autre raison de l'agacement de Riyad, selon l'Indian Defence Review: la monarchie a toujours été accommodante en compensant, pour stabiliser les prix, la baisse de production de l'Iran, du Soudan et de la Syrie quand cela été nécessaire, puis en la réduisant lors du retour de la production irakienne. Mais le Royaume a mal pris la forte hausse de la production américaine de pétrole ces six dernières années. 
Pour autant, l'Arabie saoudite sait ne pas aller trop loin, observe le Financial Times et elle a conscience que "la chute du prix du pétrole offre de facto un allègement de l'impôt pour le consommateur américain". Riyad, ajoute le FT, "prend un risque calculé" vis-à-vis du parrain américain. 

Source  www.lexpress.fr



mercredi 15 octobre 2014

Le foie gras sera bien interdit en Californie




La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé, mardi 14 octobre, l'Etat de Californie à maintenir l'interdiction du foie gras en vigueur depuis 2012. Les juges ont refusé d'examiner un recours déposé par la chaîne de restaurants Hot's et par des producteurs de foie gras, dont l'Association des éleveurs de canards et d'oies du Québec.
Adoptée en 2004 mais appliquée huit ans plus tard, la loi californienne interdit tout aliment issu du gavage de volailles.

« CRUAUTÉ » À L'ÉGARD DES ANIMAUX

En août 2013, un tribunal fédéral avait déjà maintenu l'interdiction de ce mets, rejetant l'argument selon lequel l'interdiction contrevient aux règles du libre commerce. La décision de 27 pages insistait alors sur la manière dont est produit le foie gras, avec des descriptions détaillées, expliquant comment on nourrit de force des canards pour les obliger à stocker du gras dans leur foie, méthode qui révolte les associations de défense de la cause animale.

« La décision de la Cour suprême signifie que le peuple de Californie a le droit d'interdire la vente de certains produits alimentaires issus de cruauté exercée à l'encontre d'animaux », s'est félicité Jonathan Lovvorn, avocat de la Humane Society of the United States qui milite pour les droit des animaux.

Malgré les réticences anglo-saxonnes, les exportations de foie gras français continuent toutefois à progresser de 4,6 millions d'euros, grâce aux bonnes performances en Belgique et au Japon et malgré un repli de l'activité en Espagne. Elles atteignent 104 millions d'euros.


Source: www.lemonde.fr

mardi 14 octobre 2014

La Catalogne renonce à organiser le référendum sur son indépendance


L'exécutif catalan a décidé de renoncer au référendum sur l'indépendance, jugé inconstitutionnel par Madrid, qu'il avait prévu d'organiser le 9 novembre, a annoncé le dirigeant d'un des partis impliqués dans cette consultation lundi soir.

« Le gouvernement a constaté que la consultation ne peut pas se tenir », a déclaré à des journalistes Joan Herrera, dirigeant de Iniciativa per Catalunya, à l'issue d'une réunion de partis favorables à ce référendum avec l'exécutif catalan. « Le gouvernement du nationaliste Artur Mas fera une proposition demain [mardi] », a-t-il ajouté en précisant que son parti se prononcerait à ce moment-là.
Le Tribunal constitutionnel espagnol avait suspendu lundi 29 septembre le référendum sur l'indépendance. Le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, avait annoncé qu'il déposerait un recours contre le scrutin, employant des termes durs pour dénoncer l'initiative de la Catalogne, qu'il juge anticonstitutionnelle, la qualifiant de « démagogique » et « antidémocratique ». « Rien ni personne ne peut rompre la souveraineté » de l'Etat espagnol, avait-il ajouté.

Les aspirations à l'indépendance n'ont cessé de croître en Catalogne, privée en 2010, sur décision de la justice espagnole, d'une partie de son statut d'autonomie élargie. Dans cette région puissante du nord-est de l'Espagne, le ressentiment envers Madrid s'est nourri aussi de la crise économique, la Catalogne accusant Madrid de répartir inégalement les richesses. Près de 80 % des Catalans se disent favorables à un référendum, que ce soit pour voter pour ou contre l'indépendance.

Source: www.lemonde.fr

mardi 7 octobre 2014

Espagne. Ebola : à l’hôpital Carlos III de Madrid, le personnel médical « inquiet et en colère »

Devant l’hôpital Carlos III de Madrid, mardi 7 octobre, une batterie de journalistes font le pied de grue, en attendant une information, un témoignage, une piste qui permette de comprendre comment l’aide-soignante Teresa R. a pu être contaminée par le virus Ebola. Des policiers, visiblement tendus, surveillent que la presse ne s’approche pas de l’entrée de l’hôpital et reste derrière les grilles du parking. Les photos sont interdites, nourrissant l’image d’un début de psychose et d’une information verrouillée. De rares patients entrent et sortent. Ceux qui acceptent de parler se disent « tranquilles », mais qualifient les infirmières de « perturbées ».
Pour le moment, l’aide-soignante se trouverait dans une situation stable, après avoir reçu deux traitements : un sérum d’« hyperimmunité » provenant d’un donneur anonyme qui a développé des anticorps après avoir été contaminé par le virus Ebola, et un antiviral efficace sur les petits animaux, selon Rafael Perez-Santamaria, le directeur de l’hôpital La Paz, dont dépend l’hôpital Carlos III.

Beaucoup de questions restent en suspens concernant ce premier cas de contagion du virus Ebola en dehors de l’Afrique. L’aide-soignante contaminée, qui a soigné les deux missionnaires espagnols rapatriés en août et en septembre du Liberia et de Sierra Leone alors qu’ils étaient porteurs du virus, morts depuis, affirme, selon le ministère de la santé, avoir suivi à la lettre le protocole.

Comment dans ce cas expliquer la contamination de cette femme de 44 ans expérimentée ? Pourquoi, alors qu’elle a prévenu l’hôpital le 30 septembre des premiers symptômes — un début de fièvre et un malaise général —, a-t-elle d’abord été renvoyée vers les services de médecine ordinaire, avant d’être placée en chambre d’isolement seulement le 6 octobre ? Comment expliquer que les tests d’Ebola ne lui ont pas été pratiqués plus tôt ? Pour le moment, le gouvernement n’a aucune explication à donner, si ce n’est que la fièvre était trop basse pour avoir provoqué l’activation du plan de surveillance des patients suspects.

FORMATION À LA VA-VITE ET SOUS-EFFECTIF

Aux alentours de 11 heures, mardi, une poignée d’infirmières arrivent à l’hôpital et acceptent de parler à la presse, à condition de ne pas être filmées ni photographiées, et de conserver l’anonymat. Visiblement choquées, très en colère, elles dénoncent le discours officiel qui pointe du doigt une possible « erreur humaine ».

Pour elles, la faille, si elle existe, revient d’abord aux autorités sanitaires qui les ont formées à la va-vite lorsque le premier patient, le missionnaire Miguel Pajares, est arrivé à l’hôpital Carlos III, le 7 août. Elles critiquent aussi les tenues de protection, et ces gants en latex scellés avec de l’adhésif dont les images ont fait scandale en Espagne, malgré l’assurance de la part des autorités médicales qu’ils répondent aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elles se plaignent de travailler en sous-effectif à cause des mesures d’austérité prises durant la crise. Enfin, elles qualifient le suivi d’insuffisant, qui se résume à un appel téléphonique par jour pour vérifier l’état de santé du personnel médical qui a été en contact avec les missionnaires.

« BEAUCOUP D’IMPROVISATION ET DE NÉGLIGENCE »

Ce sont ces infirmières qui les premières révèlent que trois autres personnes se trouvent à l’isolement, au sixième étage, dans les chambres à pression négative réservées aux patients suspectés d’avoir contracté le virus Ebola. Peu après, l’information est confirmée par le directeur de l’hôpital La Paz. Il s’agit du mari de Teresa R., qui a été placé en quarantaine bien qu’il ne présente pas de symptôme pour le moment, d’une autre infirmière ayant traité les missionnaires, dont le test du virus s’est révélé négatif, et d’un homme, en provenance du Nigeria, qui doit être encore suivi.

« Les travailleurs de l’hôpital sont inquiets, apeurés et en colère, résume Juan José Cano, délégué syndical du syndicat des infirmiers Satse, devant les portes de l’hôpital. Bien avant le premier cas d’Ebola en Espagne, nous avions demandé une formation, un entraînement et des simulacres pour se préparer à de possibles cas. Mais nous n’avons jamais eu de réponse, et lorsque le premier missionnaire infecté a été rapatrié tout a été fait rapidement, avec beaucoup d’improvisation et de négligence, et nous avons reçu des formations de quinze minutes. »


COUPES BUDGÉTAIRES

A cela s’ajoutent les doutes sur la fiabilité de l’hôpital Carlos III. Cet établissement sanitaire avait été menacé de fermeture durant la crise économique qui a touché l’Espagne. De fait, le service spécialisé dans les maladies infectieuses de type épidémies et pandémies, situé au sixième étage, avait été fermé et l’hôpital réservé aux hospitalisations de moyenne et longue durée. « Avec les coupes budgétaires liées à la crise, le service de santé de la région a décidé que l’hôpital n’allait plus être la référence en matière de traitement des épidémies, parce qu’il ne remplissait pas les exigences nécessaires pour cela. Mais quand est arrivé le premier missionnaire infecté, il a été rouvert à la va-vite en une journée, alors qu’on nous disait qu’il fallait y faire des travaux », poursuit M. Cano.

Déjà le 6 août dernier, la veille de l’arrivée du premier missionnaire infecté, le président du syndicat des médecins (Amyts), Daniel Bernabeu, s’était élevé contre des « prises de risque non nécessaires » et avait comparé la situation des Etats-Unis, où il existe une dizaine d’hôpitaux avec un niveau 4 d’isolement, avec celle de l’Espagne, où il n’existe que « le vieil hôpital Carlos III avec un niveau 2 et des éléments du niveau 3 pour la manipulation de prélèvements ». Lundi, il s’est dit « consterné et indigné » par la nouvelle de la contagion.

Mercredi, une manifestation des associations de défense de la santé publique est prévue à Madrid pour demander la démission de la ministre de la santé, Ana Mato. Bruxelles, de son côté, a requis des explications de l’Espagne sur l’origine de la contagion.

Source: www.lemonde.fr

vendredi 3 octobre 2014

Catalogne : création de la commission électorale litigieuse du référendum

La Catalogne a officiellement publié vendredi 3 octobre le décret créant une commission électorale pour le référendum d'autodétermination auquel s'oppose Madrid, en dépit d'une décision du tribunal constitutionnel interdisant momentanément cette consultation.
Le président catalan Artur Mas l'avait signé jeudi soir mais une incertitude demeurait sur la date de son entrée en vigueur, alors que chaque nouveau pas peut faire basculer la Catalogne dans l'illégalité.



CONFLIT AVEC MADRID


Les parlementaires de cette région du nord-est de l'Espagne avaient validé mercredi la composition de cette commission par 86 voix pour et 48 abstentions. Ils avaient ainsi déjà passé outre la décision du Tribunal constitutionnel de suspendre la loi et le décret régionaux permettant d'organiser ce référendum consultatif, dans l'attente de leur examen au fond.

La Catalogne, puissante région de 7,5 millions d'habitants, est en conflit depuis des années avec Madrid, qui lui refuse le droit de se prononcer unilatéralement sur son avenir et s'oppose au referendum d'autodétermination que la région entend organiser le 9 novembre.


Source: www.lemonde.fr

mardi 23 septembre 2014

L'Espagne renonce à son projet de loi sur l’avortement



Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a confirmé, mardi 23 septembre, le retrait du projet de loi sur l’avortement conçu par le ministre de la justice, Alberto Ruiz-Gallardón. Ce dernier, qui a reconnu qu'il « n'avait pas été capable » de porter son texte jusque devant le Parlement a immédiatement annoncé son retrait de la vie politique :

« La décision que j'ai prise n'est pas seulement d'abandonner le ministère de la justice, mais aussi d'abandonner la politique au bout de trente ans. »
Ce projet, modifiant la précédente loi adoptée en 2010 par le gouvernement socialiste, proposait de réduire considérablement le droit d'avorter en Espagne, qui autorise actuellement l’avortement jusqu’à quatorze semaines de grossesse pour toutes les femmes.
Le projet ne permettait ainsi de recourir à une interuption volontaire de grossesse (IVG) que dans deux cas : le viol, attesté par un dépôt de plainte ; ou « un risque durable ou permanent » pour la santé physique ou psychique de la mère, certifié par deux psychiatres. La malformation du fœtus n’était plus considérée comme un motif valable.


« JE CROIS AVOIR PRIS LA DÉCISION LA PLUS SENSÉE »

Devant les journalistes, M. Rajoy a déclaré, mardi :

« Le gouvernement a fait le plus d’efforts possible pour tenter de parvenir au meilleur consensus possible. Nous allons continuer à étudier des formules permettant de parvenir à un meilleur accord sur la réforme. Mais en ce moment, je crois avoir pris la décision la plus sensée. »
Le gouvernement Rajoy avait adopté le projet en décembre, mais ce dernier a soulevé une levée de boucliers à gauche, ainsi que de fortes résistances jusqu’au sein du Parti populaire, actuellement majoritaire. Et il n’a toujours pas été présenté au Parlement, où les conservateurs disposent pourtant de la majorité absolue.

« C’est une loi compliquée, sensible socialement, avait reconnu vendredi la numéro deux du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria. Le gouvernement veut travailler pour atteindre le consensus le plus large possible. »

Source: www.lemonde.fr

jeudi 18 septembre 2014

L'Écosse face à un choix historique



Si le non tient la corde, les sondages prévoient un résultat serré au référendum sur l'indépendance. Quelle que soit l'issue du scrutin, les conséquences pour le Royaume-Uni seront importantes.

«L'Écosse devrait-elle être un pays indépendant?» 4,3 millions d'électeurs, à partir de 16 ans, sont invités ce jeudi à répondre à la question lors d'un référendum historique. Une participation massive (au moins 80 %) est attendue après une campagne très mobilisatrice. À leur grand regret, les 800.000 Écossais vivant dans le reste du Royaume-Uni ne peuvent pas y prendre part. Un dernier sondage Ipsos-Mori donne le non à 51 %.

«C'est serré, juge John Curtice, spécialiste électoral à l'université Strathclyde de Glasgow. Le non a l'avantage mais la victoire n'est pas dans la poche. Tous les sondages montrent une progression du oui sur les derniers jours.» Prudents, les sondeurs précisent se situer dans la marge d'erreur. Le patron de l'institut ICM, Martin Boon, n'exclut pas la possibilité d'un «Waterloo» de leurs prédictions. «On ne sait rien d'environ un quart des électeurs parce qu'ils n'avaient jamais voté», explique-t-il.
Les partisans du oui fondent leur espoir sur un sursaut patriotique de ces citoyens, désengagés de la politique, qu'ils ont poussé à aller s'inscrire sur les listes électorales. Le camp adverse souligne l'importance des «non silencieux»: ces masses de gens attachés au Royaume-Uni qui ne se sont pas exprimés. De part et d'autre, les militants se lançaient dans une offensive de la dernière heure pour tenter de convaincre les 8 à 14 % de votants encore indécis. D'ultimes rassemblements du oui et du non se tenaient à Édimbourg et Glasgow.
«Je viens de convaincre quelqu'un de voter oui il y a une heure. C'est encore possible!» s'enthousiasme Colin Millar, vêtu d'un tee-shirt barré de l'inscription «aye» («oui» en écossais), sur son stand au pied du château d'Édimbourg. Union Jack déployé sur une façade, autocollants «Yes» ou «No thanks» aux fenêtres, la campagne s'achève dans la capitale écossaise. «Si c'était un référendum des fenêtres, le oui gagnerait, mais les fenêtres ne votent pas», ironise Jim Murphy, un député travailliste qui a fait campagne pendant cent jours pour le non, s'exposant parfois à des jets d'œufs et des insultes.
Tendue dans les derniers jours, la campagne a mobilisé les foules à travers le pays, la plupart du temps dans un bon esprit. Elle a bousculé les clivages sociopolitiques habituels, divisé des familles. Les partisans du oui se recrutent davantage dans les classes populaires, chez les hommes, âgés de 25 à 50 ans. Les plus de 60 ans, les femmes, les milieux aisés se montrent en majorité plus attachés à l'union.
Les bureaux de vote fermeront à 22 heures. Les premiers résultats ne seront pas connus avant le milieu de la nuit. Suspendu à la décision des Écossais, David Cameron, le premier ministre britannique, a laissé son agenda ouvert dans les jours qui viennent, alors qu'il est attendu aux États-Unis la semaine prochaine. Il risque gros quel que soit le résultat. Le chef du Scottish National Party, Alex Salmond, lui, est assuré de sortir gagnant de la consultation.

Source:www.lefigaro.fr