mercredi 12 mars 2014

Avion disparu : critiquée par la Chine, la Malaisie défend son enquête


La disparition mystérieuse du Boeing 777 de Malaysia Airlines fait monter la tension entre la Chine et la Malaisie. Mis sous pression par la diplomatie chinoise, qui déplore un flux d'informations « assez chaotique », le ministre des transports malaisien s'est défendu mercredi 12 mars lors d'une conférence de presse : « Je ne suis pas de cet avis.

Loin de là. Il n'y a de confusion que si vous voulez y voir de la confusion.
Irritée par l'avalanche de fausses bonnes nouvelles et d'informations contradictoires ainsi que par l'absence de résultats dans les recherches, Pékin avait demandé lundi à la Malaisie d'intensifier ses recherches.
Les opérations pour localiser l'appareil de la compagnie Malaysia Airlines disparu depuis samedi sont « sans précédent », selon le ministre malaisien : « Nous ne perdrons jamais l'espoir d'établir ce qu'il est advenu du vol MH370 entre Kuala Lumpur et Pékin. »

IRRITATION DE LA CHINE

Ces opérations s'étendent vers l'ouest à des centaines de kilomètres de la première zone de recherche et couvrent désormais une superficie de plus de 90 000 km2 (l'équivalent du territoire du Portugal). Douze nations, dont les Etats-Unis, la Chine et la Japon, y participent et elles mobilisent pas moins de quarante-deux navires et trente-neuf avions. « Nous ne laissons rien au hasard. Nous devons explorer toutes les possibilités », a expliqué le chef de l'aviation civile malaisienne.

« Il y a pour le moment beaucoup d'informations, et c'est assez chaotique ; ce qui fait que nous avons également des difficultés à confirmer ce qui est exact ou non », regrettait plus tôt dans la journée de mercredi le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois. Cent cinquante-trois Chinois se trouvaient à bord de l'appareil, qui transportait deux cent trente-neuf personnes à son bord.

Source: www.lemonde.fr

vendredi 7 mars 2014

A Kiev, tout se passe comme si la Crimée était déjà perdue



L'abattement, plutôt que la stupeur. A Kiev, le vote, jeudi matin 6 mars, du Parlement de Crimée en faveur d'un rattachement de la péninsule à la Russie, n'a pas créé de grande surprise. « Nous sommes dans un tel état de délabrement après les années Ianoukovitch que la Russie en profite pour avancer ses pions. C'était prévisible », lâche l'analyste politique Sergueï Leschenko.

Toute la journée, sur les radios ukrainiennes, les plus indignés étaient les leaders occidentaux. Côté officiel, il y a bien eu les déclarations du premier ministre, Arseni Iatseniouk : « Ce prétendu référendum n'a aucune base légale (…). La Crimée était, est et restera partie intégrante de l'Ukraine. » Il s'est exprimé de Bruxelles, où il assistait à un conseil européen extraordinaire.

Peu après, Olexandre Tourtchinov, le président ukrainien par intérim, a annoncé que le Parlement (la Rada) allait lancer une procédure de dissolution du Parlement de Crimée, ajoutant que la tenue du référendum était « une farce, un crime contre l'Ukraine commis par les militaires russes ». Dans la foulée, un mandat d'arrêt a été lancé contre le nouveau premier ministre de Crimée, Sergueï Aksionov, chef du parti Unité russe.

LES TATARS APPELLENT À L'AIDE

Source: www.lemonde.fr

lundi 3 mars 2014

Le cinéaste français Alain Resnais est mort

Le maître du cinéma français, Alain Resnais, réalisateur d’"Hiroshima mon amour" et "L’Année dernière à Marienbad", est décédé samedi soir à Paris, à l’âge de 91 ans. Portrait.

Le vétéran n’innovera plus. Le virtuose du cinéma français, Alain Resnais, est décédé à l’âge de 91 ans, le samedi 1er mars, à Paris. Trop tôt pour présenter son dernier opus au public "Aimer, boire et chanter", qui venait de lui valoir le prix Alfred Bauer de la 64e Berlinale. Il ne sortira en salle qu'en mars, à titre posthume. Comme pour rappeler que les artistes ne meurent jamais.



Né à Vannes en 1922, Alain Resnais a toujours été cinéaste. À 12 ans, il tournait son premier film en 8 mm. En 1943, il était de la première promotion de l'IDHEC (devenu aujourd'hui la Fémis), avant de quitter la prestigieuse école l'année suivante. Le jeune homme réservé réalise alors des courts métrages en 16 mm, s’affirmant rapidement comme une promesse du cinéma français. En 1955, il bouleverse les consciences avec "Nuit et brouillard", un chant funèbre sur les camps de concentration.

En 1959, "Hiroshima mon amour" marque un tournant. Le chef d’œuvre, qui met en scène Emmanuelle Riva sur un scénario original de Marguerite Duras, fait date dans le cinéma, ouvrant un nouveau champ des possibles pour toute une génération de cinéphiles. Alain Resnais déconstruit le récit cinématographique classique, bouleverse la temporalité, ébranle le fil de la narration linéaire. Il explore par ailleurs la relation entre cinéma et littérature, non plus au travers d'adaptation mais en poussant la collaboration entre cinéaste et écrivain. Ainsi, après Duras, c'est à Alain Robbe-Grillet qu'il s'associe pour l'écriture de "L’Année dernière à Marienbad", deuxième titre mythique de son oeuvre.


À la lisière entre théâtre et cinéma

Alain Resnais en 6 dates

3 juin 1922 Naissance à Vannes (Bretagne)
1959 Réalise "Hiroshima mon amour"
1980 Première collaboration avec Sabine Azéma, Pierre Arditi et André Dussolier dans "La vie est un roman"
1997 "On connaît la chanson", Ours d'argent à Berlin
2009 Prix exceptionnel du Festival de Cannes pour son l'ensemble de son oeuvre
2014 Sortie de son dernier film "Aimer, boire et chanter"


Tenu dès lors comme l’un des pères de la modernité au cinéma, Alain Resnais n’a eu de cesse de chercher, d’explorer, d’expérimenter un cinéma à part, inimitable. Contemporain de la Nouvelle vague et compagnon de route des Rohmer, Truffaut ou Godard, il ne s’en est pas moins tenu à distance du réalisme à toute épreuve, une contrainte esthétique à ses yeux. À la vie dans le cadre, il a toujours préféré le "jeu dans le jeu", comme l'a souvent répété l'un de ses actrices fétiches, Sabine Azéma.

Amateur de bande-dessinées, de comics américains, d’opérette, de Dick Tracy ou encore de Sacha Guitry, Resnais fut le chantre de la théâtralité cinématographique. Dans toute son œuvre, il a cherché à réconcilier théâtre et cinéma : "Ce que je recherche toujours dans mes films, c’est une langue de théâtre, un dialogue musical qui invite les acteurs à s’éloigner d’un réalisme du quotidien pour se rapprocher d’un jeu décalé", avait-il déclaré au moment de la sortie de "Vous n’avez encore rien vu", en 2012.

Un exercice qu’il a mené jusqu’au bout. Dans son dernier film "Aimer, boire et chanter", il avait dit vouloir "réaliser une sorte de ratatouille, en cassant les barrières entre cinéma et théâtre pour gagner en liberté". Un dernier film qui lui a permis de réunir autour de lui une dernière fois certains ses acteurs fétiches : sa muse et épouse Sabine Azéma ou André Dussolier.



Un travail de troupe


De l’amour du théâtre, il tirait aussi le goût de la troupe ; il est l’un des rares dont la signature peut se reconnaître à son casting. Parmi ses figures phares : Sabine Azéma, qui arrive dans son œuvre en 1983 avec "La vie est un roman". Elle l’inspire et il l’épouse en 1998. Pierre Arditi apparaît, lui, dans "Mon oncle d’Amérique", en 1979. Le couple Azéma –Arditi se déclinera ensuite dans "Smoking/No Smoking", "On connait la chanson", "Pas sur la bouche", "Cœur", "Vous n’avez encore rien vu". Depuis, les comédiens ne sont se sont jamais beaucoup éloignés de l’univers du cinéaste qui a grossi sa troupe au fil des films : Lambert Wilson est un membre actif de la famille Resnais depuis "On connait la chanson" en 1997 ; de même que Michel Villermoz, André Dussolier, Michel Piccoli ou Mathieu Amalric.

Il les avait tous réunis dans "Vous n’avez encore rien vu" en 2012, qui met en scène avec humour et légèreté un rassemblement de comédiens dans la dernière demeure d’un dramaturge récemment décédé. D’aucuns avait rangé le film dans la catégorie des œuvres testamentaires. Pourtant à l’époque, Alain Resnais avait déjà commencé à écrire "Aimer, boire et chanter", qui, comme son prédécesseur, s’organise autour d’un absent. Un absent récalcitrant. Cette année encore, cet infatigable rêveur, jeune de 91 ans dont l’humour était la cure de jouvence, s’était remis à travailler sur un nouveau scénario, comme pour conjurer la mort qu’il tournait en dérision, peut-être autant qu’il l’apprivoisait. Cette fois, son théâtre filmé est bel et bien fini. Mais son cinéma le gardera éternellement vivant.

Source: www.france24.com