dimanche 12 janvier 2014

Planète : étrangeté globale

Chronique Il fait froid. Il fait très froid. L'Amérique est pétrifiée par une descente inédite d'air polaire qui congèle à peu près tout sur son passage. Dans l'autre hémisphère, c'est une joyeuse bande de touristes, de journalistes et de climatologues, partie sur un navire russe constater la fonte des glaces, qui se retrouve prisonnière de la banquise antarctique. Franchement… N'est-il pas grand temps de reconnaître que cette histoire de réchauffement n'est qu'une vaste blague ?

Pour comprendre pourquoi nous nous posons la question, il faut faire un saut dans le passé et revenir au milieu des années 1970.
Le 8 août 1975, dans Science, Wallace Broecker publie un article décisif. Si décisif qu'il forge encore la manière dont nous percevons les changements que nous affrontons aujourd'hui. Ce n'est pas rien. Et, fait notable, cela ne tient pas à une découverte : cela tient à deux mots. Deux mots réunis en une expression nouvelle, introduite dans le titre de l'article signé par le grand géochimiste de l'université Columbia. Voici ce titre : « Sommes-nous à la veille d'un réchauffement global prononcé ? » « Réchauffement global », on l'aura deviné, est l'expression nouvelle.

Elle a tant fait florès qu'elle nous semble aller de soi. Mais les choses ne sont pas si simples. Stricto sensu, ce qui se produit est un déséquilibre radiatif provoqué par les émissions humaines de gaz à effet de serre. Wallace Broecker aurait pu traduire cela par « perturbation », « dérèglement », « crise » ou – pourquoi pas ? – par « ensauvagement » climatique…

« RÉCHAUFFEMENT GLOBAL »

S'il a choisi « réchauffement », c'est en référence à l'augmentation de la quantité de chaleur introduite dans le système climatique. Pour le physicien, c'est l'évidence, mais pour le béotien ? « Cela sous-entend quelque chose de graduel, d'uniforme et de bénin, expliquait John Holdren, professeur de sciences de l'environnement à Harvard, dans une conférence donnée voilà quelques années. Ce que nous vivons n'est rien de cela. » Pour en donner la mesure, certains ont même proposé « cancer atmosphérique »…

L'expression « réchauffement global » n'est pas seulement un puissant anesthésique. Elle trompe notre perception du changement en réduisant celui-ci à une manifestation unique, la probabilité accrue de températures élevées. Et elle ne dit rien des effets majeurs du phénomène qu'elle prétend définir : montée et acidification des océans, bouleversement de la circulation atmosphérique et des précipitations, renforcement des régimes d'incendies, augmentation de la fréquence des cyclones les plus puissants…

Le climat ne va pas devenir uniformément plus chaud, partout, toujours et en toute saison. Il deviendra de plus en plus étrange. Des cyclones Sandy et Haiyan aux inondations bretonnes, en passant par le coup de froid américain et les caprices de la banquise antarctique, cette « étrangeté globale », si elle échappe à toute métrique, se confirme à peu près chaque semaine.

Source: www.lemonde.fr

mardi 7 janvier 2014

Espagne : la fille du roi inculpée de fraude fiscale




Le roi Juan Carlos, qui vient de fêter ses 76 ans, entame mal l'année. Sa fille cadette, l'infante Cristina, vient d'être inculpé par le tribunal de Palma de Majorque pour fraude fiscale et blanchiment de capitaux. La justice espagnole l'a convoquée pour le 8 mars.
Cette mise en examen s'inscrit dans le cadre de l'enquête pour corruption qui vise Iñaki Urdangarin, l'époux de Cristina, et écorne sévèrement l'image de la monarchie. Depuis trois ans, la popularité de Juan Carlos n'a cessé de chuter, en grande partie sous l'effet de cette affaire impliquant son gendre.

Le juge José Castro, du tribunal de Palma de Majorque, aux Baléares, qui enquête depuis 2010 sur cette affaire, est passé outre à l'opposition du parquet pour inculper Cristina, âgée de 48 ans, pour « délits fiscaux présumés et blanchiment de capitaux ». Au printemps 2012, le juge avait mis en examen une première fois l'infante, à l'époque pour trafic d'influence, mais cette décision avait été annulée à la suite d'un recours du parquet.

Le juge cherche à établir si la fille du roi a des liens avec les activités frauduleuses présumées de son époux. Ce dernier, un ancien champion olympique de handball reconverti en homme d'affaires, âgé de 45 ans, est soupçonné d'avoir détourné 6,1 millions d'euros d'argent public avec son ancien associé, Diego Torres, alors qu'il présidait, entre 2004 et 2006, une société à but non lucratif, l'institut Noos.

UNE MAJORITÉ D'ESPAGNOLS VEULENT QUE LE ROI ABDIQUE

Selon un sondage publié dimanche par El Mundo, 62 % des Espagnols souhaitent que le roi abdique et à peine un sur deux soutient désormais la monarchie, mais une large majorité est favorable, en revanche, au prince héritier Felipe.

Au printemps 2012, le roi avait adressé aux Espagnols des excuses publiques alors qu'il venait d'être hospitalisé après une chute lors d'une partie de chasse à l'éléphant au Botswana, un coûteux voyage qui avait choqué le pays, plongé dans la crise. Le roi, né le 5 janvier 1938, a également souffert depuis 2010 de multiples ennuis de santé qui ont contribué à soulever des interrogations dans le pays sur l'avenir de son règne. Il a été vu lundi lors d'une cérémonie militaire visiblement fatigué et appuyé sur des béquilles. Il s'agissait de sa première apparition en public depuis une opération de la hanche, le 21 novembre.

Juan Carlos bénéficiait auparavant d'une large popularité auprès des Espagnols, reconnu comme le souverain qui a œuvré pour la transition démocratique après la fin de la dictature franquiste. Désigné comme son successeur par Francisco Franco, il était monté sur le trône le 22 novembre 1975, deux jours après la mort du dictateur.

Source: www.lemonde.fr