mardi 30 avril 2013

En Espagne, une protection du littoral à la carte



Madrid, correspondance.


Antonio Banderas peut respirer. La municipalité de Marbella, en Andalousie, a accepté de modifier son plan d'urbanisation pour que la maison du célèbre acteur espagnol devienne légale. En échange, il devra céder une partie de son "jardin" de 1 200 m2, située sur la plage. La somptueuse demeure qu'il a achetée en 1997 avait été construite deux ans plus tôt grâce à un permis illégal accordé par une mairie corrompue.

Son cas n'est pas isolé. Des milliers d'autres maisons situées sur le littoral espagnol, elles aussi sous le coup d'un arrêté de démolition, seront bientôt épargnées. Sous prétexte de ne pas alourdir encore les problèmes économiques du pays, le Parlement espagnol approuvera, la semaine prochaine, une profonde réforme de la loi littoral de 1988.

Réduction de la frange du littoral protégée, ramenée de 100 mètres à 20 mètres à partir du rivage ; amnistie ou prolongement du moratoire sur les logements côtiers illégaux ; levée de la protection sur les salines ou augmentation de la durée des licences octroyées aux paillotes sont quelques-unes des dispositions prévues par cette nouvelle loi. "Nous sommes aveugles si nous ne voyons pas que la côte est un moteur d'investissement", a résumé, le 24 avril, le sénateur du PP (conservateur, au pouvoir) Enrique Lopez Veiga.

Source: www.lemonde.fr

mercredi 3 avril 2013

L'infante d'Espagne devant le juge pour une affaire de détournement de fonds




L'infante Cristina, fille cadette du roi d'Espagne, est convoquée le 27 avril devant un juge d'instruction dans l'enquête pour corruption visant son époux, Iñaki Urdangarin, selon les quotidiens espagnols El Mundo et El Pais. Un rebondissement spectaculaire dans le scandale qui avait éclaté à la fin de 2011, portant un coup à la popularité de la monarchie espagnole et du roi Juan Carlos, âgé de 75 ans.
Car l'infante, âgée de 47 ans, n'avait jusqu'à ce jour jamais été mise en cause dans l'enquête du juge José Castro, du tribunal de Palma de Majorque, aux Baléares, dans laquelle est poursuivi son mari, ancien champion de handball de 45 ans reconverti dans les affaires. Iñaki Urdangarin est soupçonné d'avoir détourné plusieurs millions d'euros d'argent public en se servant de l'institut Noos, une société de mécénat qu'il a présidée entre 2004 et 2006. Au fil de l'enquête, il s'est efforcé de protéger la famille royale et notamment son épouse, affirmant que tous avaient été tenus à l'écart de ses activités suspectes.

"DÉLIT DE TRAFIC D'INFLUENCE"

Mais la semaine dernière, le nom de l'infante a fini par apparaître dans les révélations distillées au compte-goutte dans la presse par l'ex-associé d'Iñaki Urdangarin Diego Torres. Le quotidien El Mundo avait ainsi affirmé que la défense de M. Torres venait de remettre au tribunal de Palma de Majorque un paquet de trente courriers, dont certains indiqueraient "comment le duc expliquait à son épouse les détails du fonctionnement et les affaires de l'Institut Noos puisqu'elle faisait partie de son comité de direction". L'infante devra donc répondre aux questions du juge sur un possible "délit de trafic d'influence".

Affirmant "un respect total pour les décisions judiciaires", la maison royale a toutefois exprimé sa "surprise du changement de position du juge" dans sa décision alors qu'il avait refusé de mettre en cause et de convoquer l'infante dans une décision du 5 mars. Diplômée en sciences politiques, connue pour ses activités sociales et humanitaires et directrice du département social de la Fondation La Caixa, à Barcelone, Cristina est septième dans l'ordre de succession au trône d'Espagne.

Source: www.lemonde.fr