mercredi 20 octobre 2010

Espagne: remaniement du gouvernement



José Luis Rodriguez Zapatero a procédé mercredi au plus large remaniement ministériel depuis son arrivée au pouvoir en 2004 espérant donner un second souffle à un gouvernement dont la popularité est plombée par des mesures d'austérité visant à résorber un gigantesque déficit budgétaire.

Le ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, homme politique respecté présenté comme un possible successeur de Zapatero, a été nommé vice-président du gouvernement tout en étant maintenu dans ses fonctions.
En revanche, le ministère de l'Economie dirigé par Elena Salgado, architecte des mesures de rigueur pour prévenir un scénario comparable à celui de la Grèce, ne subit aucune modification.
Tout changement à ce ministère dans une période aussi difficile serait de nature à provoquer de l'incertitude et à inquiéter les marchés financiers, explique Luis Miguel Doncel, professeur d'économie à l'Université du Roi Juan Carlos de Madrid.
Dans une allocution à la radio et à la télévision, Jose Luis Rodriguez Zapatero a expliqué les raisons de ce remaniement.
"Nous allons être le gouvernement de la réforme, de la reprise économique et de l'emploi", a-t-il dit. "Le temps est venu pour un autre type d'action politique, une direction et une conduite différente du gouvernement", a-t-il ajouté.
Le président du gouvernement socialiste a dû passer un accord avec deux petits partis régionaux pour faire adopter par le parlement son projet de budget pour 2011 prévoyant une forte réduction des dépenses afin de rassurer les investisseurs.
BONNE IMAGE
L'enjeu était de taille puisqu'en cas de mise en minorité, Zapatero aurait pu être contraint de faire face à des élections législatives anticipées pour lesquelles les sondages le donnent perdant.
Sa cote de popularité est passée en dessous de 30%, soit son plus bas niveau depuis sa réélection en 2008. Les instituts de sondage donnent aux socialistes 15 points de retard sur le Parti populaire (PP), première formation de l'opposition conservatrice.
En nommant Rubalcaba, 59 ans, à la vice-présidence du gouvernement, Zapatero compte profiter de la bonne image dont bénéficie son ministre de l'Intérieur.
Ce dernier, en poste depuis avril 2006, a mené la campagne gouvernementale contre les séparatistes basques de l'ETA, largement considérée comme un succès par l'opinion publique après la vague d'arrestations de ces derniers mois.
Ministre le plus apprécié par l'opinion au sein de l'équipe dirigeante, Alfredo Perez Rubalcaba possède également une solide expérience, ayant occupé diverses fonctions au sein de l'administration de Felipe Gonzalez entre 1982 et 1996. Il va remplacer Maria Teresa Fernandez de la Vega.
"C'est l'héritier présomptif", estime Pedro Schwarz, économiste à l'Université San Pablo de Madrid. "Il est intelligent et efficace. Il renforce le gouvernement".
Dans le cadre de ce remaniement, Trinidad Jimenez quitte son poste de ministre de la Santé pour rejoindre les Affaires étrangères tandis que les ministères de l'Egalité et du Logement sont supprimés sur l'autel de la maîtrise budgétaire.

Source: www.lexpress.fr

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