mardi 28 septembre 2010

L'Espagne fera la grève générale... ou presque


Le 29 septembre, l'Espagne devait connaître sa première grève générale depuis six ans. Elle ne sera finalement pas si générale que ça puisque gouvernement et syndicats ont signé dans la nuit du 22 septembre un accord sur les services minimums. Un accord qui "garantit la tranquillité pendant la journée de grève", selon le secrétaire général des transports, José Luis Cachafeiro.


Après deux jours de négociations entre le gouvernement et les deux principaux syndicats du pays, CCOO et UGT, le ministre des transports, José Blanco s'est déclaré "satisfait" par cet accord "historique" qui établit pour la "première fois" en Espagne des services minimums pour une grève générale. M. Blanco a remercié CCOO et UGT – les deux syndicats à l'origine de l'appel à cette grève générale – pour avoir permis l'accord et fait preuve de "responsabilité".

L'accord prévoit que 20 à 40 % des vols internationaux programmés seront maintenus, ainsi que 20 % des trains à grande vitesse lors de cette grève générale, qui sera la première depuis l'arrivée au pouvoir du chef du gouvernement socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero. Les deux grands syndicats espagnols ont appelé à une grève générale le 29 septembre afin de protester contre une réforme contestée du marché du travail, mettant fin à six ans de paix sociale avec le gouvernement socialiste.

Lors de la précédente grève générale, en 2002, le chef du gouvernement conservateur, José Maria Aznar, avait imposé des services minimums, mais cela avait été jugé abusif par les syndicats, qui avaient saisi la justice.

Source: www.lemonde.fr

mercredi 8 septembre 2010

Zapatero demande à l'ETA abandonner les armes "pour toujours"


La seule décision qui vaille est l'abandon des armes pour toujours", a déclaré mardi 7 septembre le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, après l'annonce d'un cessez-le-feu par l'organisation séparatiste basque ETA. "A présent, les communiqués n'ont plus de valeur, seules ont de la valeur les décisions" a martelé le premier ministre espagnol alors que son gouvernement a déjà annoncé qu'il ne changerait pas d'un iota sa politique de fermeté sécuritaire envers l'ETA.


Le gouvernement socialiste de M. Zapatero a été particulièrement échaudé par la rupture brutale, en 2006, de la dernière trêve de l'ETA, avec laquelle il avait entamé un dialogue pour tenter de régler le contentieux basque. M. Zapatero, qui s'exprimait mardi pour la première fois publiquement sur l'annonce de dimanche, a souligné que "toutes les forces démocratiques" avaient fait "la même appréciation du communiqué de l'ETA" en exprimant leur "profonde déception".

BATASUNA TENTE D'OBTENIR SA LÉGALISATION

Il a également averti le parti indépendantiste radical interdit Batasuna, bras politique de l'ETA, qu'il ne devait pas compter sur l'annonce du groupe armé pour espérer rentrer dans le jeu démocratique légal. "Ceux qui se trouvent hors la loi parce qu'ils ne condamnent pas fermement la violence sont dans la même situation aujourd'hui qu'avant le communiqué (de l'ETA, ndlr), exactement dans la même situation", a insisté M. Zapatero.

Interdit en Espagne depuis 2003 en raison de ses liens avec l'ETA et de son refus d'en condamner explicitement la violence, Batasuna, est engagé dans une sorte de course contre-la-montre pour obtenir sa légalisation avant les élections municipales de 2011, dont il fait une question de survie politique. Le parti radical, qui représente environ 10% de l'électorat au Pays Basque espagnol, s'est démarqué depuis plusieurs mois de la violence sans condamner explicitement les attentats de l'ETA, responsable de 829 morts en près d'un demi-siècle de violences. Batasuna venait de réclamer un ambitieux "cessez-le-feu permanent sous vérification internationale" quand l'ETA s'est bornée à annoncer dimanche avoir pris "il y a plusieurs mois" la décision de ne pas "mener d'actions offensives armées", sans préciser si cet arrêt était temporaire ou définitif.

L'ensemble des partis espagnols ont déclaré ce geste "insuffisant", certains critiquant "une trêve tactique" à visées électorales et de réorganisation du groupe clandestin, fortement décimé par la police depuis deux ans.

Source: www.lemonde.fr