samedi 27 février 2010

Craintes d'un tsunami après un séisme au Chili





Un violent séisme d'une magnitude de 8,8 sur l'échelle de Richter a frappé le centre du Chili, dans la matinée du samedi 27 février, tuant au moins 147 personnes et privant la plupart du pays d'électricité. La secousse, la plus importante enregistrée dans la région en près de 50 ans, a eu lieu à 3 h 34 locales (7 h 34 à Paris) au nord de la ville de Concepcion, la plus touchée par le séisme. Une trentaine de répliques ont été signalées depuis, la plus importante d'une magnitude de 6,9 au large des côtes.

Le séisme a été ressenti jusqu'à la capitale à Santiago, où des dégâts matériels ont été recensés, et dans plusieurs pays d'Amérique latine. L'aéroport international a été fermé pour au moins 24 heures. Mais c'est bien à Concepcion et dans toute la région méridionale de Maule où les dégâts sont les plus importants. Des bâtiments et des autoroutes se sont écroulés et d'autres infrastructures ont pris feu. Les médias chiliens rapportent qu'un immeuble de 15 étages s'est effondré comme un château de cartes. A Talca, le centre historique de la ville a été presque entièrement détruit.

Le dernier bilan en date a été rapporté par le président élu, Sebastian Pinera, dont les services travaillent avec l'actuelle présidente, Michèle Bachelet. Les autorités chiliennes annoncent que le bilan ne devrait plus s'alourdir considérablement, mais qu'au moins trois jours seront nécessaires pour recenser tous les dégâts matériels. Le gouvernement chilien a décrété l'état d'urgence et appelé la population à demeurer dans ses foyers.

UN TSUNAMI DE "FAIBLE AMPLEUR" EN POLYNÉSIE FRANÇAISE

L'épicentre a été enregistré à 39 km de profondeur, selon l'Institut américain de recherche géologique (USGS). Une alerte au tsunami a été émise par le Centre de surveillance des tsunamis dans le Pacifique pour l'ensemble des pays de la zone. La vague, qualifiée "d'importante" par les autorités chiliennes, a d'abord touché l'archipel de îles Juan Fernandez, puis l'île de Pâques, à 3 500 km à l'ouest des côtes chilienne, où une partie de la population a été évacuée.

Les îles des Gambier, en Polynésie française, ont été ensuite touchées par un tsunami de "faible ampleur" en fin d'après-midi. Aucun dégât humain ou matériel n'est à déplorer. M. Sardina estime que la vague touchera Hawaï à 11 heures du matin, heure locale (20 heures, heure de Paris). Sur place, les sirènes alertant la population ont commencé à retentir et l'archipel a été placé en état d'alerte. Des météorologues américains s'attendent aux vagues les plus importantes dans l'archipel depuis 1964.

La Météo nationale américaine annonçait, samedi après-midi, que l'ensemble de l'océan Pacifique était traversé par des vagues plus ou moins importantes. "Le Chili a probablement déjà essuyé le plus fort du tsunami. De sorte que le pire s'est déjà produit au Chili, a déclaré Victoir Sardina, géophysicien au centre d'alerte cité par Reuters. Nous avons signalé une hauteur de 2,5 mètres dans certains endroits. Et il est très possible que se soit davantage dans d'autres endroits". Pour le reste des pays concernés, M. Sardina est sans détour. "Nous savons qu'il arrive", a-t-il à propos du tsunami.


Les pays concernés par l'alerte au tsunami
Sont concernés par l'alerte émise par le Centre de surveillance des tsunamis dans le Pacifique : l'ensemble des pays d'Amérique centrale, la Polynésie française, la Colombie, l'Antarctique, ainsi que Hawaï, les Philippines, l'Indonésie, la Russie et le Japon.

jeudi 25 février 2010

La Grèce paralysée par la grève générale


Les syndicats se dressent contre le plan d'austérité imposé par l'UE.

Armés de banderoles, de haut-parleurs et de lunettes de soleil, les Grecs ont déclaré la guerre au plan d'austérité annoncé par le gouvernement socialiste. «Ce sont les riches qui doivent payer, et les spéculateurs», scandaient plus de 30 000 personnes dans les trois cortèges qui ont défilé mercredi à Athènes sous un soleil printanier.

L'appel à la grève générale avait été lancé par la Confédération générale des travailleurs et la Fédération des fonctionnaires. Le pays s'est retrouvé presque totalement paralysé : blocage des transports maritimes et aériens, écoles et administrations fermées, hôpitaux et tribunaux en service minimum. Des échauffourées ont éclaté entre la police et quelques centaines de jeunes, provoquant la dispersion des cortèges devant le Parlement sous des nuages de gaz lacrymogènes.

Malgré ces incidents, les syndicats parlent de «succès dans la mobilisation», pour une grève qui se veut «une mise en bouche» avant de prochains mouvements. «Il n'y a pas de justice sociale dans ce pays, s'insurge Makis Karkavela, un fonctionnaire gréviste. Nous ne laisserons pas Bruxelles nous imposer ces mesures.» Le plan d'austérité du gouvernement grec, validé par la Commission européenne en janvier, n'a qu'un seul objectif : réduire le déficit public au plus vite. Celui-ci atteint 12,7 % du PIB, un record en Europe, et doit être réduit de quatre points d'ici à la fin de l'année. Pour rassurer les marchés financiers et les partenaires européens, Bruxelles a mis la Grèce sous tutelle et exige les premiers résultats des réformes d'ici au 16 mars, date du prochain Conseil des ministres de l'Économie de l'UE.

Tension avec Berlin
Des experts de la Commission de Bruxelles, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international repartent jeudi d'Athènes après avoir examiné les comptes du pays pendant trois jours. La semaine prochaine, Olli Rehn, le commissaire européen en charge de la politique monétaire, fera le déplacement.

Ces visites agacent les Grecs, mais elles sont «nécessaires», selon un diplomate à Athènes, car «les Grecs sont approximatifs, surtout dans leurs comptes, et il faut savoir où est allé l'argent européen». La Commission a aussi saisi la justice contre la Grèce mercredi, car elle n'aurait pas récupéré des aides d'État accordées illégalement à des centaines d'entreprises.

Dans ce contexte, la marge de manœuvre du gouvernement est étroite. Pris entre ses promesses électorales et la tourmente internationale, le premier ministre Georges Papandréou s'attend à des semaines de contestation sociale.

Les deux grands syndicats se prononceront vendredi sur la suite du mouvement (les dates des 2 et 3 mars sont déjà évoquées). «Beaucoup d'Européens nous soutiennent, affirme Thanassis Leventis, député de la coalition de gauche Syriza. Ils savent que si ces mesures d'austérité sont appliquées aux Grecs, elles marqueront la fin des acquis sociaux en Europe.»

Mais le ton monte entre Berlin et Athènes. Le vice-premier ministre Théodoros Pangalos a dénoncé les critiques de l'Allemagne en évoquant l'invasion de 1941 par les nazis. Athènes, a-t-il affirmé, n'a jamais reçu d'indemnisation pour les pillages subis : «Ils ont pris les réserves d'or de la banque de Grèce et ne les ont jamais rendues. C'est un sujet qu'il faudra aborder un jour ou l'autre.»

Source: www.lefigaro.fr

mardi 16 février 2010

Celda 211, le prophète du cinéma espagnol


La cérémonie des Goyas, équivalent espagnol des César, a récompensé le film Celda 211, grand vainqueur de cette soirée avec 8 Goyas. Réalisé par Daniel Monzon, ce thriller se déroule dans une prison lors d'une mutinerie. Le succès de ce film carcéral en Espagne n'est pas sans rappeler le succès de Un Prophète de Jacques Audiard en France.
Autre grand favori, Agora de Alejandro Amenabar, sorti sur les écrans français en janvier dernier, repart avec sept prix. Slumdog Millionaire, le film aux 8 Oscars, remporte pour sa part la statuette du meilleur film européen.
Celda 211 est tiré du roman du même nom de Francisco Perez Gandul. Il suit la première journée d'un gardien de prison, pris au piège d'une mutinerie, qui va se faire passer pour un détenu. Le film a été l'un des plus grands succès du cinéma espagnol.

mercredi 10 février 2010

La zone euro s'apprête à secourir la Grèce


Le sauvetage de la Grèce prendrait la forme d'aides bilatérales sous strictes conditions. Un accord de principe aurait été trouvé au sein de la zone euro, à deux jours du sommet de Bruxelles.

Confrontés à des attaques spéculatives contre la monnaie unique, les pays de la zone euro s'apprêteraient à voler au secours de la Grèce. D'après une source proche du gouvernement allemand, ils seraient tombés d'accord sur le principe d'aider Athènes, à la veille d'un sommet européen extraordinaire, convoqué jeudi soir, à Bruxelles. L'information n'était toutefois pas confirmée mardi à Berlin. «Les informations suivant lesquelles la zone euro a pris la décision d'aider la Grèce sont infondées», affirmait, mardi, un porte-parole du gouvernement.

Les modalités du sauvetage ne seraient pas arrêtées, mais il pourrait prendre la forme d'aides bilatérales, c'est-à-dire de prêts exceptionnels d'État à État. Plusieurs pays seraient mis à contribution, notamment l'Allemagne, première économie de la zone euro, et premier bailleur de fonds l'Union européenne. «Qu'elle soit bilatérale ou collective, l'aide à la Grèce se fera sous strictes conditions», a prévenu mardi Michael Meister, un élu du parti conservateur allemand (CDU) cité par l'agence Bloomberg.

Jusqu'ici réticente à voler au secours d'un pays qui a menti sur ses statistiques et laissé filer ses finances publiques depuis des années, l'Allemagne se retrouve contrainte d'intervenir, car c'est l'unité et la stabilité de la zone euro qui est aujourd'hui en danger. «L'Allemagne a une responsabilité particulière vis-à-vis de l'euro», a déclaré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, qui fera une déclaration au gouvernement aujourd'hui à Berlin sur la situation financière de la Grèce.

Trichet avance son retour
Insistantes depuis plusieurs jours, les rumeurs de sauvetage ont apaisé les marchés. L'euro, qui avait baissé à 1,34 dollar la semaine dernière, est repassé mardi au-dessus de 1,38 dollar. La Bourse d'Athènes a quant à elle clôturé en hausse 4,96 %. À Paris, le CAC 40 a terminé à + 0,15 %. Les agences de notation, très nerveuses ces derniers jours, se sont calmées. Fitch a estimé mardi qu'il n'y avait pas de raison de dégrader la note de l'Espagne, qui bénéficie toujours d'un AAA, mais se trouve affectée par contagion par la crise grecque.

Mardi matin, c'est le retour précipité de Jean-Claude Trichet en Europe qui a alimenté les spéculations d'une intervention européenne au profit de la Grèce. Le président de la Banque centrale européenne devait passer deux jours en Australie pour assister à une réunion de banquiers centraux. Il a avancé son départ pour ne pas manquer le sommet européen extraordinaire convoqué jeudi soir par le président de l'Union, Herman Van Rompuy. D'après la presse allemande, les experts de la BCE participent, en secret, depuis plusieurs jours, à des réunions avec des représentants des pays de la zone euro qui planchent sur le sauvetage de la Grèce. Deux options seraient à l'étude : les aides bilatérales sous conditions ou des garanties d'emprunts en faveur de la Grèce dans le cadre d'un fonds européen.

Les traités n'interdisent aucune de ces deux options. Tout juste entré en vigueur, le traité de Lisbonne prévoit dans son article 122-2 que «le Conseil, sur proposition de la Commission, peut accorder sous certaines conditions, une assistance financière de l'Union à un État membre qui connaît des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés en raison d'événements exceptionnels échappant à son contrôle».

Les attaques spéculatives des derniers jours contre l'euro, et les dettes des États membres les plus fragiles auraient été un élément déclencheur de la décision politique.

dimanche 7 février 2010

Le TGV marocain mettra Tanger à 1 h 20 de Rabat dès la fin 2015




Les premiers engins entreront en action en juin 2010 sur le chantier de la ligne à grande vitesse Casablanca-Tanger et les premiers passagers du TGV marocain se rendront en 1 h 20 de Rabat à Tanger, contre 3 h 55 aujourd'hui, à partir de décembre 2015.
Le financement de ce premier TGV africain est bouclé depuis lundi 1er février, jour où l'Etat marocain et l'Office national des chemins de fer (ONCF) ont signé un contrat-programme 2010-2015 incluant 20 milliards de dirhams (1,7 milliard d'euros) pour 200 km de voies à grande vitesse et 14 rames à étage (500 places) conçues par le français Alstom.



Fruit d'une collaboration avec la France depuis la visite du président Nicolas Sarkozy au Maroc en octobre 2007, ce projet sera financé ainsi : 5,8 milliards de dirhams (516 millions d'euros) en provenance du budget marocain et du fonds Hassan-II pour le développement socio-économique, 1,9 milliard de dirhams (169 millions d'euros) par des dons français et européens et 12,3 milliards de dirhams (1 milliard d'euros par des prêts avantageux consentis par la France et la Banque européenne d'investissement).

"Nous procéderons en deux temps, explique Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l'ONCF. Dans une première phase, à partir de fin 2015, les TGV circuleront à 320 km/h sur la voie nouvelle entre Tanger et Kénitra, puis à 160-180 km/h sur la voie classique aménagée entre Kénitra et Rabat-Casablanca. Le trajet Tanger-Casablanca sera effectué en 2 h 10 contre 4 h 45 aujourd'hui. Par la suite, nous prolongerons la voie à grande vitesse jusqu'à Casa, qui sera alors à 1 h 30 de Tanger." Le schéma directeur de développement des TGV prévoit que vers 2030-2035, les rames pourraient pousser au sud vers Agadir, via Marrakech, et à l'est vers Oujda et l'Algérie, via Fès et Meknès sur 1 500 km de voies nouvelles.

Une forte rentabilité

Ce TGV n'est pas né en 2007 de la visite officielle du président français, pas plus qu'il ne représente une compensation donnée à la France pour le marché perdu par ses avions de combat Rafale. "Nous y travaillions depuis 2003, raconte M. Khlie, car nos études nous avaient montré que toute nouvelle ligne devait être à grande vitesse. La demande était là : entre 2002 et 2009, le nombre de nos voyageurs est passé de 14 millions à 30 millions."

Sans oublier la rentabilité socio-économique. En effet, cet indice, dont la formule combine les heures de transport économisées, les émissions de CO2 évitées et les victimes d'accidents de la route épargnées, donne une rentabilité de 12,6 % au projet Casablanca-Tanger qui, avec 8 millions de voyageurs, quadruplera la fréquentation actuelle de la ligne. Pour mémoire, la rentabilité des TGV français tourne autour de 4,5 % à 5 %.

"Nous ne délaisserons pas pour autant notre réseau classique, qui bénéficiera d'investissements pour 13 milliards de dirhams (1,15 milliard d'euros)", complète le directeur général. La libération des voies classiques permettra notamment de mieux traiter le fret et d'acheminer 120 000 conteneurs vers des "ports secs" sous douane couplés avec des plates-formes logistiques à Marrakech et à Fès.

Source: www.lemonde.fr

L'Espagne, le Portugal et la Grèce: les déficits publics alarment les Bourses


Les craintes nées des finances publiques grecques, espagnoles et portugaises se sont étendues vendredi. En Bourse, les actions ont de nouveau chuté, en particulier à Paris, où le CAC 40 a cédé 3,4 %.

La théorie du chaos semble à l'œuvre sur les marchés : les déboires grecs jouent le rôle du fameux battement d'aile du papillon qui provoque des phénomènes brutaux à l'échelle de l'Europe entière et même à l'autre bout du monde. Au-delà de la fébrilité qui s'est emparée des investisseurs ces dernières quarante-huit heures, la rechute des Bourses s'explique par une accumulation de risques.


La dette des États
Une dette publique qui pourrait atteindre 135 % de son produit intérieur brut en 2011, une mise sous tutelle par Bruxelles et un climat social tendu ont mis la Grèce sous les feux des projecteurs. En fait, l'accélération de la dégradation de la situation grecque n'a fait que donner corps à des inquiétudes latentes : depuis plus d'un an, la capacité des gouvernements à financer à la fois les sauvetages des banques et les plans de relance de l'économie suscite des interrogations. La quasi-faillite de l'Islande, la déroute de Dubaï ont été des signaux d'alarme.

Depuis le milieu de la semaine, la nervosité des marchés se traduit dans la valeur des «contrats d'assurances» des dettes publiques, vendus sous forme de CDS (voir graphique). Ces produits dérivés sont à la fois un thermomètre ultrasensible de l'humeur des investisseurs et un outil de spéculation qui amplifie la volatilité des marchés. Leur évolution brutale - voire anormale puisqu'aujourd'hui il coûte par exemple plus cher de s'assurer contre la faillite de l'Espagne que contre celle des entreprises espagnoles - participe au sentiment global de fragilité.


Quelle réalité a le risque souverain ? Certes, un État peut être en cessation de paiement. Et créer un choc sur les marchés obligataires, notamment chez les assureurs-vie et les fonds de retraite qui comptent sur les intérêts payés par leurs débiteurs pour verser les rentes de leurs propres clients.

La reprise menacée
Face au risque d'explosion du coût de leur dette, ou de fermeture du robinet des liquidités, les gouvernements n'ont guère d'autre choix que de remettre en ordre leurs finances publiques. En Grèce bien sûr, mais aussi en Irlande et en Espagne, on reparle de «rigueur» budgétaire. En France, en Allemagne et aux États-Unis, de «discipline».


Les banques fragilisées
Les premières victimes de la défiance des marchés à l'égard des dettes souveraines sont les banques, ce qui explique le recul particulièrement de leurs actions en Bourse depuis deux jours. Car leurs bilans sont lestés de dettes publiques. À plus forte raison depuis que la crise de liquidités les a mis au bord du gouffre fin 2008. Depuis, toutes les banques du monde n'ont de cesse que de maximiser la proportion de leurs actifs investis sur des titres liquides, c'est-à-dire mobilisables auprès des banques centrales : les emprunts publics ressortent par excellence de cette catégorie. Quand le risque attaché aux dettes souveraines augmente, le prix de ces titres de créances diminue et, avec elle, la valeur inscrite au bilan des banques.

«Ce n'est pas le principal risque, relativise cependant Jean Sassus, analyste chez Raymond James. Les investisseurs redoutent surtout que les banques des États visés rencontrent des problèmes pour se refinancer.»

Le coût auquel les banques empruntent elles-mêmes sur les marchés est en effet directement corrélé à celui payé par leur pays d'origine.

Enfin, surtout peut-être, cette crise de la dette souveraine intervient alors que la crise bancaire et même la crise du subprime ne sont pas purgées. Les établissements financiers restent fragiles, avec des comptes grevés dans des proportions variables par de lourdes provisions sur leurs actifs toxiques et sur leurs crédits rendus douteux par la crise économique.


La contagion aux entreprises
Dans le sillage des États et des banques, les actions des entreprises ont été entraînées dans la chute en Bourse. Plusieurs risques, nés de la fragilisation des dettes souveraines, les concernent en effet. Au plan financier, les entreprises connaîtront elles aussi un renchérissement de leur coût de financement, voire un assèchement des liquidités que les marchés leur ont mises massivement à disposition ces derniers mois. Or, si les groupes n'ont plus la possibilité d'emprunter directement auprès des investisseurs, les banques ne pourront pas s'y substituer. A fortiori si leurs marges de manœuvre sont entamées par leurs propres déboires. En termes d'activité, les entreprises qui commençaient enfin à sortir de la phase «déstockage» risquent de souffrir de tout nouvel accès de faiblesse de la conjoncture. D'autant plus qu'elles ont déjà fourni beaucoup d'effort en matière de réductions de coût. En dehors des valeurs bancaires et d'assurance, ce sont d'ailleurs les actions des entreprises les plus sensibles aux politiques de relance publique qui ont été les plus touchées par la déprime récente des Bourses.

mercredi 3 février 2010

L'Espagne veut repousser l'âge de la retraite à 67 ans


Le gouvernement a présenté, vendredi,un programme d'austérité prévoyant 50 milliards d'euros d'économies.


Mauvaise journée pour les Espagnols, qui ont vu vendredi leur pays s'enfoncer un peu plus dans la crise. Le matin, l'Institut national de statistiques (INE) annonçait que le chômage avait encore augmenté au cours du dernier trimestre 2009. Il se situe désormais à 18,83%. C'est, une nouvelle fois, le pire résultat de l'Union européenne juste après la Lettonie. L'après-midi, le gouvernement expliquait sa nouvelle politique économique et budgétaire et promettait la rigueur : l'État fera preuve d'austérité et l'âge de la retraite sera élevé à 67 ans.

Jusqu'à présent, la loi espagnole garantissait la retraite à 65 ans. Toutefois, l'augmentation de la durée légale de cotisation ne sera appliquée qu'à partir de 2013, et de manière progressive. La numéro deux du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de la Vega, présentait vendredi l'avant-projet de loi adopté en Conseil des ministres. Elle a expliqué que la population n'était pas en mesure de supporter ces changements en pleine crise économique.

Dans trois ans donc, l'âge légal du départ en retraite devrait être repoussé chaque année de deux mois. Et ceci jusqu'en 2025. Le ministère du Travail a en effet calculé que le nombre de retraités devrait doubler d'ici à 2040, et que le système actuel n'est pas en mesure de survivre à cette révolution démographique.

Respecter les consignesde Bruxelles
Selon la presse espagnole, la réforme des retraites devrait également niveler par le bas le niveau des prestations. Les syndicats voulaient calquer le modèle général sur celui des entrepreneurs, qui peuvent choisir de cotiser davantage durant les dernières années de travail, et recevoir ainsi une pension plus élevée. Le gouvernement entend au contraire imposer à tous une même base de cotisation.

Par ailleurs, l'effort demandé à l'administration est lui aussi conséquent : l'État devra économiser 50 milliards d'euros entre 2010 et 2013. L'objectif annoncé est de respecter les consignes de Bruxelles, qui enjoint aux États de réduire leur déficit public à moins de 3% du PIB. En 2009, il a atteint le taux record de 11,4%, selon les estimations de la ministre de l'Économie, Elena Salgado. Mais le gouvernement entend aussi envoyer un message aux investisseurs internationaux : «L'Espagne est un pays sérieux», comme Zapataro l'affirmait jeudi dernier à Davos.

Il faut dire que les agences de notation observent Madrid avec circonspection. Standard & Poor's a ainsi revu sa note à la baisse, l'an dernier. L'Espagne est désormais l'un des cinq États de l'UE à payer au prix le plus cher le financement de sa dette sur les marchés financiers.

Source: www.lefigaro.fr