mercredi 30 décembre 2009

Autoroutes du Maroc: 20 ans au service du développement du réseau autoroutier


En deux décennies, le Maroc a accompli d'importantes étapes dans le développement d'un réseau autoroutier moderne, ce qui lui a permis d'accéder à une place privilégiée dans ce domaine au niveau régional.

Ce progrès est le fruit d'une politique volontariste de recours au système de péages pour le financement de l'extension des autoroutes. Constituant l'un des leviers du développement économique, le réseau autoroutier actuellement en exploitation s'étale sur 916 km grâce à une accélération du rythme de construction qui est passé de 40 km par an durant la décennie quatre-vingt-dix à 100 km/an puis 160 km/an respectivement durant les première et deuxième moitiés des années 2000-2009. Selon le ministre de l'Equipement et des Transports, Karim Ghellab, le réseau autoroutier nationale doit s'étaler sur 1.800 Km à l'horizon 2015 et relier toutes les villes de plus de 400.000 habitants.

Intervenant lors d'une cérémonie marquant le 20e anniversaire de la création de la Société nationale des autoroutes du Maroc, organisée sous le Haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, le ministre a fait savoir que le programme des travaux prévoit le parachèvement des tronçons Marrakech-Agadir et Fès-Oujda respectivement en 2010 et 2011 et le lancement dans les prochains mois des travaux de construction de 384 km comprenant notamment l'autoroute périphérique de Rabat (41 Km) et les tronçons Berrechid-Beni Mellal (172 km), El Jadida-Safi (140 Km) et Casablanca-Berrechid via Tit Mellil.

Source: www.lematin.ma

lundi 28 décembre 2009

Identité nationale : la presse mondiale raille "la mauvaise idée de Sarkozy"




Des "charges xénophobes" et une "cacophonie d'accusations énervées". Comme de nombreux titres de la presse internationale, le Los Angeles Times est allé assister à un débat sur l'identité nationale dans une préfecture. Et la correspondante du journal en est ressortie perplexe : "Pour être Français, il faut avoir du sang français", clame ainsi un des participants dans une ambiance de tension, raconte-t-elle.
Une situation qui n'a pas échappé au Washington Post qui titre : "la tension grandit autour des musulmans de France alors que le pays débat sur son identité nationale". Le quotidien américain, qui rebaptise par mégarde l'UMP en Union pour un mouvement patriotique, est allé à Castres rencontrer des musulmans de France au lendemain de la profanation de leur mosquée. Et le journal s'inquiète de "signaux" montrant une France de plus en plus "mal à l'aise avec ses 5 millions de musulmans".

Charles Bremner, éditorialiste au Times de Londres, reprend à son compte le titre sans équivoque de Marianne sur Eric Besson : "L'homme le plus haï de France". Et de recenser la liste des petits noms dont le ministre s'est vu affublé, de Judas à Pierre Laval. "Pour les médias et les intellectuels de gauche, Besson est la parfaite figure de l'idiot flagorneur d'une comédie de Molière." Un rôle qu'il peut continuer à endosser, estime le magazine Time, puisqu'il a toujours le soutien de Nicolas Sarkozy.

UN RISQUE POUR LA DROITE

"Alors que ce débat apparaît douloureux pour la France, il ressemble bien à de l'autoflagellation", avance le NRC Handelsblad. Le journal néerlandais fait remonter les origines de ce débat à la présidentielle de 2002 et rappelle qu'à l'élection suivante, le candidat Nicolas Sarkozy avait promis de s'attaquer à la question pour ne pas la laisser au seul Front national.

Mais ce débat pourrait bien nuire à la droite plus qu'elle ne lui profite, font remarquer certains observateurs internationaux. L'argentin Pagina 12 titre sur "la mauvaise idée de Sarkozy" et présente le chef de l'Etat français comme un chef d'orchestre ayant bien du mal à jouer autre chose que la cacophonie. Pour El País, le débat "court le risque de s'envenimer un peu plus chaque jour et de se transformer en boomerang contre celui qui l'a lancé".

DES PARTENAIRES EXCÉDÉS

Souvent, les réactions de la presse internationale relèvent de la déception à l'égard de la France. Ainsi le Malaysian Insider, qui établit un lien direct entre le débat sur l'identité nationale et le débat sur la burqa, joue la pédagogie avec ses lecteurs, en majorité musulmans. Il explique que l'Europe connaît depuis longtemps des lois régissant les religions, "mais jusqu'ici ces mesures s'attaquaient à des points bien précis et à des problèmes existants, alors que la nouvelle fournée de mesures européennes est basée sur des mythes". L'écrivain Iman Kurdi dans le journal émirati Khaleej Times estime que l'identité nationale française est peut-être mise en péril, mais plus "par les Starbucks et McDonald's" qui fleurissent à Paris, que par les jeunes musulmans.

Même dépit du côté des journaux africains francophones. "Le racisme s'invite dans le débat officiel", avance le portail panafricain Afrik.com. Et de citer un florilège de contributions au site officiel du grand débat. Barka Ba, le rédacteur en chef du quotidien sénégalais Kotch s'est emporté après les propos de Nadine Morano sur les "jeunes musulmans". "Il y a quelques années, l'auteur de tels propos aurait immédiatement été obligé de rendre son tablier", écrit-il dans un édito repris par le journaliste Pierre Cherruau sur son blog.

Enfin, Modou Mamoune Faye feind de s'étonner dans le journal sénégalais Le Soleil : "En France où il existe un ministère de l'immigration, de l'intégration et de l'identité nationale, certains politiques ne semblent pas avoir pris conscience de la marche irréversible de l'humanité vers un monde où les cultures, les peuples et les nations vont de plus en plus s'imbriquer, se mélanger et se métisser."


Source: Antonin Sabot(www.lemonde.fr)

samedi 19 décembre 2009

Copenhague proche du fiasco


Le projet d'accord a minima négocié vendredi soir est rejeté par plusieurs pays en développement. La conférence de l'ONU sur le climat est dans l'impasse.

La grande réunion organisée dans la capitale danoise dans l'espoir d'aboutir à un pacte contraignant après deux années de discussions marathon risque de s'achever par un fiasco malgré la venue, vendredi, de 120 chefs d'Etat et de gouvernement.
Des pays comme le Venezuela, le Soudan ou Tuvalu, un petit Etat insulaire de l'océan Pacifique menacé de disparaître de la surface du globe par la montée du niveau des eaux, ont affiché leur hostilité à un texte mis au point in fine par les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud et le Brésil.
L'accord doit obtenir l'aval de l'ensemble des 193 pays participant à la conférence pour devenir un pacte de l'ONU
Les opposants à ce projet, dont les principaux points sont de réaffirmer l'objectif de limiter la hausse des températures à 2°C par rapport à l'ère préindustrielle et d'offrir la perspective de 100 milliards de dollars d'aide annuelle aux pays pauvres à partir de l'année 2020, le jugent trop vague et insuffisant.
Aucun objectif chiffré contraignant à 2020 ou 2050, pas de calendrier pour la signature d'un traité, les ONG ont dénoncé l'indigence du document.
"Cette déclaration ne vaut pas la feuille de papier sur laquelle elle est écrite. Et les coupables le savent bien, qui se sont vite enfuis en avion, chez eux, la honte au front", a réagi Greenpeace dans un communiqué.
Lors d'une séance nocturne de discussions marquée par de vifs échanges, un délégué soudanais a assimilé ce plan à un Holocauste pour l'Afrique, condamnée selon lui à subir des inondations, sécheresses et autres catastrophes irréversibles.
"C'est une solution fondée sur les mêmes valeurs qui ont conduit six millions de gens en Europe dans des fours", a déclaré Lumumba Stanislaus Di-aping, s'attirant une réaction outrée du négociateur suédois Anders Turesson, pour qui cette allusion est "absolument détestable".
"CE N'EST PAS PARFAIT"
Le ministre britannique de l'Environnement, Ed Miliband, a souligné que l'institution onusienne traversait un "moment de crise profonde".
Comme lui, les pays de l'Union européenne, le Japon et un représentant de l'association des Etats insulaires Aosis ont exhorté les délégués à approuver le projet, même s'ils ont été écartés des ultimes tractations.
"Il existe un vrai danger de voir ces discussions (sur le climat) subir le même sort que les négociations commerciales et d'autres discussions multilatérales", a souligné le président des Maldives Mohamed Nasheed.
L'Union européenne elle-même ne s'est résolue à soutenir l'accord qu'avec réticence, à l'image de la chancelière allemande Angela Merkel qui a parlé d'une "décision difficile".
Le texte ne reprend ni l'objectif global de réduction des émissions de CO2 de 50% d'ici 2050, rejeté par la Chine et l'Inde, ni l'idée d'une Organisation mondiale de l'Environnement - deux points défendus jusqu'au bout par les Européens.
Lors d'une conférence de presse, Nicolas Sarkozy s'est déclaré déçu par ces deux absences. Il a néanmoins jugé "positif" l'accord de Copenhague, même s'il "n'est pas parfait".
Il a fait valoir que les 192 pays participants avaient accepté de prendre par écrit des engagements sur leurs objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2015-2020, qui seront annexés à la déclaration politique.
"La totalité de ces engagements chiffrés sera présentée au mois de janvier", a assuré le président français.
RÉVISION EN 2015
Faute d'une instance internationale chargée de vérifier leur mise en oeuvre, chaque pays s'engage à adapter sa législation nationale pour la rendre conforme à ces engagements.
Le président américain Barack Obama qui a réussi, comme la Chine et l'Inde, à faire prévaloir ses positions restrictives sur les ambitions européennes, a estimé que ce n'était qu'une étape. "Il nous faut aller beaucoup plus loin", a-t-il dit.
Seule la Chine, premier pays pollueur de la planète, s'est félicitée d'un résultat positif. "Tout le monde devrait être satisfait", a déclaré le chef de sa délégation Xie Zhenhua.
Le projet de déclaration reprend l'idée d'un fonds de 10 milliards de dollars par an en 2010-2011-2012 pour faire face aux besoins des pays pauvres et sur la nécessité de porter cette aide à 100 milliards de dollars par an à partir de 2020.
L'Union européenne et les Etats-Unis souhaitent que le projet d'accord de Copenhague soit transformé en traité, un instrument juridique contraignant, en 2010.
Angela Merkel organisera une conférence à Bonn dans six mois pour préparer la prochaine conférence internationale sur le climat, dans un an, à Mexico, a précisé Nicolas Sarkozy, selon qui une révision des décisions de Copenhague est prévue en 2015.
Source: www.lexpress.fr

mardi 15 décembre 2009

Que révèle l'agression de Silvio Berlusconi?


Un psychiatre et un psychanalyste ont répondu aux questions de LEXPRESS.fr au sujet de l'agression de Silvio Berlusconi et de ce qu'elle révèle.
Ce qu'on peut dire de l'agresseur et de son acte
Pour Roland Gori, psychanalyste, si l'agresseur de Silvio Berlusconi est effectivement un individu atteint de troubles psychiques graves. "On peut être alors dans une logique de rêve éveillé. L'agresseur accroche au nom ou à la figure de la personne dans son propre scénario." Roland Coutanceau, psychiatre et criminologue, précise que ce type d'agression est "beaucoup plus propice à un déséquilibré qu'à un fou, qui a son délire propre."
Cependant, "on ne peut rien dire de vrai sans la parole de cette personne", nuance Roland Gori. Les deux professionnels se refusent à émettre davantage que des hypothèses. Car, pour Roland Coutanceau, "seule l'évaluation de la part d'experts et le récit de cet individu pourra expliquer ses motivations et le pourquoi de son geste.".
L'incidence du climat social sur ce type d'actes?
"L'acte peut n'avoir aucun rapport avec le climat socio-politique, notamment si la logique de l'agresseur s'inscrit dans une logique délirante. Mais certains malades mentaux sont sensibles à des climats latents de violence et de tensions." "Lorsqu'il y a un parfum un peu flottant de violence et de tensions, cela peut aimanter un passage à l'acte. Comme lorsqu'il y a un climat de chasse à l'homme." explique Roland Coutanceau.
Pourquoi Berlusconi?
"Les personnalités politiques sont les crieurs publics que chacun a sur sa scène. Berlusconi est quelqu'un qui a pour habitude de s'exhiber et de tenir des propos obscènes (au sens étymologique)" explique Roland Gori. "Cet acte est peut-être révélateur d'un désespoir politique. Cela arrive lorsqu'il n'y a plus de relais politiques pour exprimer une opposition ou un désespoir."
Mais selon Roland Coutanceau, "ce n'est pas l'apanage de Berlusconi, toutes les personnalités politiques sont des catalyseurs pour des personnalités aussi troubles."
On se souvient de Richard Durn et de la tuerie lors d'une séance du conseil municipal de Nanterre en 2002. De même, Maxime Brunerie et sa tentative d'assassinat sur Jacques Chirac en 2002 avec une carabine. Ainsi que Le coup de couteau dont fut victime Bertrand Delanoë en 2002 lors de la Nuit blanche, etc.
Ce qui est frappant dans cet acte
Pourquoi a-t-il visé la bouche? Que ne pouvait-il plus entendre?
Pour Roland Gori, deux détails sont particulièrement troublants: "Le fait qu'il l'ait frappé au niveau de la bouche. Qu'est-ce qu'il ne pouvait plus entendre? Il a très bien pu frapper au hasard, mais la question se pose, pourquoi la bouche?"
Deuxième chose, "le choix d'une statuette, pourquoi? Y a-t-il une valeur symbolique ou était-ce tout simplement le plus pratique?" L'agresseur a en effet utilisé une reproduction miniature de la cathédrale de Milan, l'un des symboles architecturaux de la ville où Berlusconi était venu assurer un meeting.
Peut-il y avoir une volonté d'imitation?
"On ne peut pas exclure une imitation. Surtout aujourd'hui que les faits divers sont le pain quotidien du journalisme. Mais ce n'est pas automatique, bien heureusement." répond Roland Gori. On pense tout de suite à l'agression dont à été victime le professeur Delajoux, le médecin qui a opéré Johnny Hallyday. "On peut imaginer que ça découle du même procédé."
Quant à l'agresseur, ils le répètent, "on ne saura rien tant que celui-ci ne s'explique ni ne se raconte."

Source: www.lexpress.fr

lundi 14 décembre 2009

Silvio Berlusconi après son agression : "Je suis encore là, et ils ne m'arrêteront pas"




Silvio Berlusconi devait rester en observation à l'hôpital San Raffaele de Milan, lundi 14 décembre, après l'agression dont il a été victime, la veille, dans la capitale lombarde, après un meeting. Un homme de 42 ans, Massimo Tartaglia, suivi depuis une dizaine d'années pour des problèmes psychiatriques et sans antécédents judiciaires, a lancé une reproduction miniature du dôme de Milan au visage du président du conseil. Selon un premier bilan, M. Berlusconi a perdu des dents et souffre d'une fracture du nez. Son agresseur a été arrêté. Le chef de l'exécutif avait été victime d'une agression sans gravité en janvier 2005, à Rome.


Les proches de Silvio Berlusconi ont voulu faire du geste de Massimo Tartaglia - condamné par tous les bords politiques - la conséquence de la "longue campagne de haine" conduite contre le chef du gouvernement. Pour Ignazio La Russa, ministre de la défense, "quand on se permet de haïr et de criminaliser quelqu'un, il n'y a qu'un pas de la parole aux faits".

De fait, le climat politique est extrêmement tendu en Italie. Depuis le printemps et la révélation dans la presse de scandales touchant à la vie privée du "Cavaliere", le débat public tourne quasi exclusivement autour des problèmes personnels, politiques et judiciaires du premier ministre.

La perte de son immunité judiciaire, la réouverture de deux procès à Milan où il doit faire face à l'imputation de corruption et de fraude, les tensions dans la majorité ainsi que les déclarations d'un mafieux repenti accusant le président du conseil de liens avec Cosa Nostra l'ont conduit à user d'un ton de plus en plus violent et provocant à l'encontre de la presse, des magistrats et de l'opposition, accusés de "menées subversives".

Dimanche à Milan, M. Berlusconi entendait répondre aux 350 000 manifestants qui, la semaine précédente à Rome, avaient réclamé sa démission. Il a pris pour cible la gauche qui sème "la haine et l'envie", les médias qui répandent "mensonges et calomnies" et les "juges politisés". Interrompu un instant par une vingtaine de contestataires qui l'ont traité de "bouffon", M. Berlusconi les a fait conspuer par la foule en répétant : "Honte à vous !" "La gauche veut faire de moi un monstre, a-t-il dit. Mais je ne suis pas un monstre parce que je suis beau et que je suis un bon garçon." Jeudi, à Bonn, lors d'une réunion du Parti populaire européen (PPE), il s'était vanté d'être, "heureusement pour l'Italie", un premier ministre "qui a des c... "

Selon les agences de presse italiennes, M. Berlusconi a exprimé son "amertume" après l'agression. "Tous devraient comprendre qu'il n'est pas possible d'outrager le président du conseil. Il en va de la défense des institutions. Mais je suis encore là, et ils ne m'arrêteront pas."

Source: www.lemonde.fr

samedi 5 décembre 2009

En Espagne, M. Zapatero tente d'éviter la querelle du crucifix dans les écoles




Le retrait des crucifix des écoles n'est pas à l'agenda du gouvernement." En quelques mots, José Luis Rodriguez Zapatero a éteint, au moins provisoirement, l'incendie déclenché, mercredi 2 décembre, par une initiative parlementaire du petit parti de gauche Esquerra republicana de Catalunya (ERC, indépendantiste).

Les députés catalans, appuyés par ceux du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et du Parti nationaliste de Galice (BNG), demandaient que l'Espagne applique un récent arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg (CEDH) condamnant l'Italie à retirer les symboles religieux des salles de classe publiques.

Le chef du gouvernement espagnol a donné rendez-vous à l'opinion pour plus tard, quand serait discutée la future loi sur la liberté religieuse, une réforme de la laïcité qui faisait partie, en 2008, du programme électoral socialiste, mais pour laquelle aucune date n'est encore avancée.

Le soutien des parlementaires socialistes à l'initiative d'ERC a d'ailleurs été interprété par la presse espagnole comme un "message interne" au PSOE, destiné à accélérer la préparation de cette fameuse loi. Le gouvernement, aux prises avec la crise économique, n'est pas pressé d'affronter à nouveau les milieux conservateurs et l'Eglise sur ce sujet brûlant. "Si nous devions incorporer cette jurisprudence européenne à notre projet de loi, nous chercherions toujours le plus grand consensus possible avec toutes les forces politiques", a expliqué prudemment le ministre de la justice, Francisco Caamano.

Son collègue chargé de l'éducation, Angel Gabilondo, a donné une idée de la quadrature du cercle qui attend le législateur, puisque la loi devra tenir compte de l'article 16 de la Constitution qui établit la nature "non confessionnelle" de l'Etat et "les croyances religieuses de la population espagnole".

Sitôt connue, la proposition de la commission parlementaire de l'éducation avait provoqué une virulente réaction du Parti populaire (PP, droite), du milieu associatif catholique et, surtout, de la hiérarchie de l'Eglise espagnole.

COMME EN ITALIE

Pour le président de la Conférence épiscopale, Mgr Antonio Maria Rouco Valera, le retrait des crucifix des écoles publiques reviendrait à "priver les familles et les enfants espagnols de pouvoir voir le signe le plus fondamental et caractéristique de leur foi, une foi qui a configuré leur histoire personnelle, celle de leur famille et de leur peuple".

Le gouvernement espagnol a promis d'évaluer "quel degré d'exigence contient la sentence de Strasbourg pour les Etats membres". Il pourrait se retrouver lui-même dans le collimateur des magistrats de la CEDH, puisqu'un tribunal de Valladolid (Castille-Léon), saisi par un parent d'élève, a ordonné en 2008 à un collège public de retirer les crucifix de ses salles de cours. Le gouvernement régional ayant fait appel, le cas pourrait suivre le même parcours que la plainte de la mère de famille de Padoue qui a provoqué la condamnation de l'Italie.
Source: www.lemonde.fr